La hauteur de vol maximale autorisée en drone

Imaginez : vous êtes sur les hauteurs de Bora Bora, le lagon turquoise s'étend à perte de vue, vous lancez votre drone et vous montez, montez encore pour avoir le meilleur angle... Stop.

À ce moment précis, connaissez-vous votre limite légale de vol ? En Polynésie française, comme partout en Europe, ignorer la règle des 120 mètres peut transformer votre belle session photo en amende salée. Voici ce que la réglementation dit vraiment.

120 mètres : la règle d'or du télépilote

En Polynésie française comme partout en Europe, la hauteur maximale de vol autorisée est fixée à 120 mètres au-dessus du sol ou de la mer. Cette règle s'applique à tous les drones, sans exception : loisir, photo, vidéo, usage professionnel.

Peu importe que votre appareil soit techniquement capable de monter à 500 mètres ou plus. Ce que votre drone peut faire et ce que la loi vous autorise à faire sont deux choses très différentes.

Cette limite est définie par l'arrêté du 3 décembre 2020 relatif à l'utilisation de l'espace aérien par les aéronefs sans équipage à bord, applicable en Polynésie française et complété par des textes locaux spécifiques.

Elle a été confirmée et renforcée en 2026 avec la pleine entrée en application du cadre réglementaire européen (UE 2019/947).

Pourquoi 120 mètres ?

Cette hauteur correspond à la limite basse de l'espace aérien contrôlé. Au-delà, vous entrez dans le domaine de l'aviation civile : avions, hélicoptères, hydravions. Particulièrement nombreux en Polynésie, le risque de collision devient réel et les conséquences potentiellement dramatiques.

Et en Polynésie, les espaces libres sont moins nombreux.

La Polynésie française a ses propres spécificités. Le trafic aérien y est dense et vital : c'est le seul moyen de transport entre les îles pour beaucoup de liaisons. Les hydravions, les hélicoptères de tourisme et les avions inter-îles évoluent parfois à basse altitude, parfois très proches des zones de vol drone.

Des zones à restriction renforcée existent notamment autour de :

  • L'aéroport de Tahiti-Faa'a et tous les aérodromes des îles (Bora Bora, Moorea, Rangiroa, Raiatea...)

  • Les zones militaires

  • Les zones habitées et agglomérations (interdiction totale de vol loisir)

  • Les sites sensibles (prisons, installations stratégiques)

Dans ces zones, la hauteur autorisée peut être encore plus basse voire nulle. Le visualisateur AIP remplace la carte Dronix publiée par le SEAC (Service d'État de l'Aviation Civile de Polynésie française). C’est l'outil officiel à consulter avant chaque vol. C'est votre carte de navigation. Consultez-le systématiquement.

Peut-on voler au-delà de 120 mètres ?

Oui, mais uniquement après une demande d’autorisation, et/ou dans le cadre de la catégorie spécifique, délivrée par le Haut Commissariat de Polynésie et/ou le SEAC en zones contrôlées. Cette autorisation concerne exclusivement les télépilotes professionnels (assurance professionnelle, N° Tahiti et RCS, donneur d’ordre).

Pour un vol de loisir ou un usage standard : 120 mètres, point final. Il n'existe aucune dérogation spontanée, aucune exception "juste pour une belle photo".

Comment mesurer les 120 mètres concrètement ?

C'est une question que beaucoup de pilotes se posent.

La hauteur se mesure par rapport au point de décollage, et non par rapport au niveau de la mer. Si vous décollez depuis une colline à 80 mètres d'altitude, votre drone peut monter jusqu'à 120 mètres au-dessus de cette colline; soit 200 mètres d'altitude absolue.

Attention toutefois : si vous survolez ensuite une zone plus basse, la règle des 120 mètres s'applique toujours par rapport au sol sous le drone.

La quasi-totalité des drones récents (DJI, Autel, etc.) intègrent un altimètre et affichent la hauteur en temps réel sur l'écran de votre télécommande. Fiez-vous à cet affichage et paramétrez une alerte à 110 mètres pour avoir une marge de sécurité.

Ce que risque un télépilote qui dépasse la limite ?

Les sanctions sont réelles et appliquées. En Polynésie française, les forces de l’ordre; notamment la gendarmerie; effectuent des contrôles de plus en plus fréquents.

À partir de 2026, les contrôles systématiques via le Remote ID (identification électronique à distance) permettent de détecter instantanément tout drone en infraction, sans que le pilote s'en aperçoive.

  • Amendes pouvant atteindre 15 000 €

  • Confiscation du drone

  • Poursuites pénales en cas de mise en danger d'autrui

  • Responsabilité civile engagée en cas d'incident ou d’accident

Un exemple concret : à Bora Bora en 2025, une pilote non enregistrée a écopé de 4 amendes de 5 000 CFP chacune suite à une plainte d'habitant. Et ce n'était pas pour dépassement de hauteur, mais simplement pour défaut de formation et d'immatriculation.

Imaginez en cas de vol au-delà des 120 mètres au-dessus d'une zone fréquentée.

Le récapitulatif succint à garder en tête avant chaque vol :

  • Hauteur maximale autorisée : 120 mètres au-dessus du sol, partout en Polynésie française,

  • Consultez le visualisateur AIP (ex carte Dronix du SEAC) avant chaque vol pour vérifier les restrictions locales,

  • Près des aérodromes : hauteur réduite, parfois interdiction totale (la hauteur sera confirmée par le SEAC lors de votre demande),

  • Vol en agglomération : interdit en loisir, même à basse hauteur. Possible sur terrain privé sauf si zone réglementée à proximité,

  • Au-delà de 120 mètres : autorisation Haut Commissariat et SEAC obligatoire (catégorie spécifique)

  • Depuis 2026 : contrôles renforcés via Remote ID. Vous êtes identifiable en vol.

En résumé

La règle des 120 mètres n'est pas une suggestion. C’est une limite légale stricte, en Polynésie française comme partout en France et en Europe.

Elle existe pour protéger les autres usagers de l'espace aérien, et ultimement pour protéger les personnes au sol.

Voler en respectant cette limite, c'est aussi voler en professionnel. Et en Polynésie, avec ses lagons, ses montagnes et ses paysages uniques au monde, croyez-nous : les 120 mètres suffisent largement pour capturer des images à couper le souffle.

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"Je ne connaissais pas du tout la réglementation drone en Polynesie. Après ce stage, je me sent plus sereine."

S
Sophie M.
Stage réglementation - Moorea
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"Je n'avais pas imaginé avoir autant de zones restreintes et de ne pas pouvoir voler partout même avec mon mini 4."

H
Hina V.
Stage initation - Papeete

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